
BELLON Joseph Alexandre
Né le 19 juin 1839 à Gironville (Meuse) ; marié ; journalier ; demeurant 59 rue Boucicaut à Fontenay-aux-Roses (Seine).
Joseph Bellon fut tout d’abord cultivateur à Broussey (Meuse). A la suite de mauvaises affaires, il dut quitter son pays. Il arriva à Paris en mai 1888, habita dans un garni 25 rue des Cinq Diamants. Il y resta 6 mois. Il n’avait pas de travail et vécut sur le petit pécule qu’il avait conservé. Il percevait aussi un titre de rente de 3% ( de 74 francs annuels) dont il touchait les arrérages pour son fils aîné. Il trouva à s’embaucher à Chatillon (Seine) à cueillir des fraises et comme journalier à la plâtrerie Beaumont. Il s’inscrivit avec sa femme au bureau de bienfaisance de la ville et recevait des secours de différentes personnes. Il plaçait aussi régulièrement de la lingerie et des bijoux au Mont-de-Piété.
Il fréquentait alors les réunions des anarchistes en banlieue. Lors de l’explosion du boulevard Saint-Germain, provoquée par Ravachol en 1892, il aurait donné asile à Gustave Mathieu, ce qu’il nia.
En mars 1893, il vint s’installer comme concierge rue du Plessis-Picquet à Fontenay-aux-Roses (Seine), place qu’il quitta le 1er novembre 1893 pour travailler chez un peintre décorateur.
Bellon était inscrit sur une liste des anarchistes du département de la Seine au 26 décembre 1893.
Le 15 mars 1894, le préfet de police délivra un mandat de perquisition et d’amener à l’encontre de Joseph Bellon. Le 17 mars à 6 h du matin, le commissaire de police de Sceaux se présentait à son domicile, situé au premier étage, le logement était composé de deux pièces (une chambre à coucher pour les époux, une pièce d’entrée qui servait de salle à manger et de chambre aux enfants et un réduit pour la cuisine) misérablement meublées. La perquisition fut infructueuse. Le commissaire ne trouva qu’un roman Les compagnons de Ravachol de Pierre Delcourt au milieu d’objets de piété, de brochures, feuilletons « ultras légers ».
Bellon était conduit au dépôt puis incarcéré à Mazas.
Dans une rapport du 17 mars, le commissaire de Sceaux, indiquait que Bellon faisait étalage dans son logement d’objets de piété mais que « cette pieuse exhibition n’est qu’un trompe l’œil destiné à obtenir des secours des dévots ».
Le 23 avril 1894, il était remis en liberté par le juge d’instruction Henri Meyer. Celui-ci délivra le 6 juin 1895, une ordonnance de non lieu concernant la procédure d’association de malfaiteurs.
SOURCES : Archives de Paris, D.3 U6 carton 49. — Les anarchistes contre la république de Vivien Bouhey. Annexe 56 : les anarchistes de la Seine.