
VILLANNEAU [dit BELHOMME] Henri, Fernand ; clerc de notaire, courtier d’assurances ; soupçonné d’anarchisme.
Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman.
Métropolitan museum of art. New-York.
Né le 11 mars 1859 à Poitiers (Vienne) ; mort le 8 mars 1901 à Paris (XVe arr.) ; clerc de notaire, courtier d’assurances ; soupçonné d’anarchisme.
Henri Villanneau, lors du tirage au sort de sa classe en 1879, demeurait 40 rue de Bourgogne à Paris. Bien qu’atteint de myopie, il fut déclaré « bon pour le service » et fut affecté en service auxiliaire.
Le 18 mai 1881, il habitait 49 avenue de la Bourdonnais, chez sa grand-mère.
Le 2 juin 1881, il se maria avec Adélïde, Jeanne Marcenac, employée au télégraphe. Il était alors employé d’assurances.
Le 1er juillet 1889, la 11e chambre correctionnelle de la Seine le condamnait à 25 fr. d’amende pour port d’arme prohibée.
Ils divorcèrent le 19 février 1892, aux torts de son épouse qui avait quitté le domicile conjugal. Ayant appris que son ex-épouse habitait 120 bis, rue Ginous, il s’y rendit :
« Madame Villanneau ? dit-il, à la logeuse.
— Elle est sortie.
— Donnez-moi les lettres arrivées ici pour elle.
— Alors, je vais vous tuer. Et, tirant l’épée d’une canne qu’il avait à la main, il voulut se précipiter sur la logeuse.
On l’arrêta à temps; on le déféra même en correctionnelle pour menaces de mort et port d’arme prohibée. »
Les juges le condamnèrent le 21 avril 1892 à 50 francs d’amende.
Le 19 octobre 1893, Henri Villanneau demandait à parler à Me Georges Chevillard, notaire à Paris, 362 rue Saint-Honoré. Il lui raconta que, grâce à la connivence d’un de ses expéditionnaires, une personne étrangère à son étude aurait pu prendre copie d’une de ses minutes.
Cette personne, ajouta-t-il, a dû partager 200 francs entre son expéditionnaire et le copiste qu’elle avait amené.
Il finit par lui dire que sa démarche n’était pas désintéressée et qu’il comptait sur une rémunération pour le service qu’il venait ainsi spontanément lui rendre.
Le 8 novembre 1893, il était condamné par le tribunal correctionnel de la Seine à seulement un mois de prison, pour tentative d’extorsion de fonds, ayant demandé aux juges de considérer sa misère et son état de santé.
Le 30 juin 1894, le Préfet de police signait un mandat de perquisition et d’amener le concernant.
Le 1er juillet 1894, à 4 heures du matin, le commissaire de police du quartier Saint-Lambert, assisté de deux inspecteurs de la 2e brigade de recherches de la Préfecture de police, se présentèrent dans un hôtel meublé, 71 rue Dutôt. Ils le trouvèrent avec sa femme dans une chambre au 1er étage.
Henri Villanneau était ivre au moment de la perquisition. Sa femme déclara qu’il était alcoolique.
Il déclara qu’il n’était pas anarchiste mais bonapartiste. Il reconnut : « Quand j’ai bu, il peut m’arriver de tenir des propos violents. »
Il était arrêté le 1er juillet 1894, lors de la grande rafle de 154 anarchistes en région parisienne. Lors de la perquisition de son domicile, 71 rue Chadefaux, 3 lettres furent saisies, n’ayant aucun rapport avec l’anarchisme.
Le 4 juillet, le juge d’instruction Anquetil l’interrogeait et le faisait incarcérer à Mazas, après l’avoir inculpé d’association de malfaiteurs.
La Préfecture de police indiquait au juge que Villanneau était un alcoolique invétéré qui sous l’emprise de la boisson se livrait à des menaces et s’était présenté deux fois à la chambre des notaires, armé d’un révolver, pour tirer sur le président qu’il estimait responsable de son renvoi.
Le 10 juillet, il le faisait mettre en liberté. Son dossier à la Préfecture de police portait le n°328.114.
Le 29 juin 1895, le juge d’instruction Meyer prononça un non lieu.
A la fin de sa vie, il demeurait avec son ex-épouse, 74 rue de l’Ouest.
SOURCES :
Archives départementales de la Vienne. Registre matricule 1189 — Archives de Paris. Etat civil — Le Public 23 avril 1892— Le Droit 20 mai 1892, 9 novembre 1893 — Archives de la Préfecture de police Ba 1500 — Archives de Paris D.3 U6 carton 50.