Découvrez le parcours de Mathilde Piffer, dite Genty, une figure militante du mouvement anarchiste parisien de la fin du XIXe siècle. Née à Paris en 1829, cette rentière s’illustre par sa présence active dans les réunions publiques, ses démêlés judiciaires, son arrestation lors du procès de Ravachol en 1892 et son implication présumée dans l’agression du journal l’Égalité. Plongez au cœur des archives de la Préfecture de police pour retracer la vie de cette femme engagée au sein des groupes libertaires de la capitale.

PIFFER Mathilde [dite Genty]
Née le 26 janvier 1829 à Paris (7e arrondissement) , qualifiée de rentière en avril 1893, anarchiste parisienne.
Fille de Louis Piffer, tailleur et de Joséphine Olivier, son épouse, demeurant 5 rue de la Planche.
Le 12 avril 1887, à la fin d’une réunion des groupes anarchistes de Paris, 58 rue de Réaumur, au moment où l’on évacue la salle, une discussion s’est élevée entre le patron de l’établissement et Mathilde Piffer, au sujet d’une consommation que celle-ci n’aurait pas payée.
Elle donne des coups de parapluie à la figure du patron et le traite de « saligaud », une bagarre s’en est suivie.
Pennelier est alors intervenu, logeant et prenant ses repas dans cette maison, il déclare que c’est lui qui a payé la dépense faite par Mathilde Piffer et que cela avait été bien spécifié entre lui et le maître de l’établissement ; ce dernier se confond alors en excuses et l’affaire est ainsi arrangée.
Le 26 juin 1887, elle est présente, rue de Maistre, lors d’une réunion des groupes anarchistes, les Anti-patriotes, l’Avant-garde cosmopolite et la Jeunesse anarchiste.
Le 15 juillet 1887, elle assiste à une réunion des groupes anarchistes, à la salle Charpentier, 32 boulevard Rochechouart,
Le 21 septembre 1887, on la retrouve à la réunion à la salle Simonet, 49 rue de Pigalle, des groupes anarchistes la Revanche des mineurs, les Anti-patriotes et les Anti-propriétaires.
Le 4 octobre 1887, au dire de Davenne (?), ce serait « la femme Mathilde », de son vrai nom Piffer, qui aurait ameuté dimanche dernier, à la salle Lechatte, les anarchistes contre les agents, en criant « Mort aux vaches, mort aux sergots ! »
Le 31 octobre 1887, elle est aussi à la réunion à la salle Normand, 50 rue de Ménilmontant, du groupe anarchiste Les Libertaires du XXe arrondissement avec la femme de Raoux.
Le 7 novembre 1887, à la réunion la salle Horel, 13 rue Aumaire, sont présentes les femmes Raoux et Piffer.
Le 9 juin 1890, une agression est commise, contre M. Odin, secrétaire de la rédaction du journal l’Egalité, dont les bureaux sont situés rue Paul-Lelong.
Une bande d’individus envahit les locaux occupés par le journal brisent tout le mobilier et, au cours de la bagarre, M. Odin, le seul rédacteur présent, est frappé à la tête d’un coup de canne plombée.
L’enquête n’ayant pas amené la découverte des auteurs de cette agression, et n’étant pas parvenue à établir la culpabilité de Mathilde Piffer arrêtée le jour même, M. Ruhland, juge d’instruction, rend une ordonnance de non-lieu dans cette affaire.
Le 10 avril 1892, l’indicateur Zéro, note la présence de la « mère Piffert » à la salle Horel,
Dans une note sans date intitulée : « Femmes assistant aux réunions anarchistes ou signalées comme anarchistes » établie par la Préfecture de police, on trouve Mathilde Piffert.
Dans l’Etat nominatif des individus mis à la disposition de la justice, pour causes diverses, le 22 avril 1892, la Préfecture police précise : « Piffert Mathilde dite Genty, était arrêtée devant le palais de justice où était jugé Ravachol, pour avoir crié « Vive l’anarchie ! », elle est laissée en liberté.
SOURCES :
Archives de la Préfecture de police Ba 75, 77, 1491, 1500, 1506, 1508, 1528 — Le Petit journal 2 novembre 1890,27 avril 1892 — Acte de naissance de Mathilde Piffer communiqué par le généalogiste Philippe Decobert.