Archives anarchistes

Mainfroy Albert
Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York.

Né le 7 avril 1852 à Courbevoie (Hauts-de-Seine) ; imprimeur ; soupçonné d’anarchisme au Perreux (Val-de-Marne).

En 1872, il tira au sort à Paris (XVIIe arr.) alors qu’il était déjà engagé volontaire dans les chasseurs d’Afrique. Il avait été réformé pour une maladie de cœur.
Il vint s’installer à Versailles et entra comme ouvrier chez Mme Simon, pâtissière dont il épousa la fille et à laquelle il succéda. Son commerce ne tarda pas à péricliter et il dut liquider son fonds à l’amiable et partit habiter à Chartres (Eure-et-Loir), puis Paris où il vendit des huiles Lapalud de Nice et créa une agence de placement et publia le Bulletin des vendeurs et acquéreurs.
Le 13 novembre 1875, il avait été condamné à 3 mois de prison à Paris, pour abus de confiance et escroquerie.
En 1880, il vint s’installer à Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne) et y monta un cabinet d’affaires et un commerce de vins qui ne prospérèrent pas.
Le 21 avril 1886, il avait eu une amende de 50 francs pour délit de presse.
Devenu veuf en 1892, il installa aussitôt chez lui une maîtresse nommée Dufour, qu’il avait depuis longtemps.
Il se construisit au milieu des champs une cabane avec des carreaux de plâtre et du carton goudronné où il emménagea avec sa maîtresse et ses six enfants. Ceux-ci n’allaient pas à l’école et selon la police mendiaient et volaient, sans s’être jamais fait surprendre.
Le 30 juin 1894, la préfet de police délivrait un mandat de perquisition et d’amener à son encontre, pour association de malfaiteurs (art. 265 et 266 du Code pénal, loi du 18 décembre 1893).
Le 1er juillet 1894, le commissaire de police Soullière de Joinville-le-Pont, perquisitionnait son domicile 113 rue d’Alsace-Lorraine au Perreux, une cabane située au milieu des champs, composée de deux petites pièces. Maufroy protesta contre son arrestation, déclarant qu’il n’avait jamais été anarchiste mais républicain socialiste indépendant et présenta un exemplaire du journal La Petite sentinelle, dont il était le directeur et dans lequel il déplorait la mort du président Carnot : « La France est en deuil ! Carnot, Président de la République, petit-fils de « l’organisateur de la victoire », fils d’un illustre vétéran de nos luttes républicaines – et remarquable lui-même par ses vertus civiques et son dévouement à la Patrie – Carnot n’est plus !
La stupide vengeance a lâchement armé le bras d’un vulgaire assassin ! »
Mais pour la Préfecture de police le journal était en réalité une feuille anarchiste à laquelle collaborait Alfred Forest de Neuilly-Plaisance et Brassac. La diffusion du journal était assurée le dimanche par ses enfants. Le rapport de la préfecture de police notait que Mainfroy était tellement redouté au Perreux que ses voisins auraient demandé par pétition son expulsion de la localité.
L’un des pièces de la cabane, très misérablement meublée lui servait d’atelier pour imprimer son journal.
Le 4 juillet 1894, il était présenté au juge d’instruction Anquetil qui le fit incarcérer à Mazas. Le 9 juillet, il le fit mettre en liberté provisoire. Le juge reçut une pétition en sa faveur d’habitants du Perreux.
Le 7 juillet, le commissaire de police de Joinville-le-Pont répondait au juge d’instruction que Mainfroy n’avait pas de relations avec les anarchistes.
Le 7 août 1894, il écrivit au juge d’instruction pour protester contre la surveillance policière dont il faisait l’objet.
Mainfroy figurait sur l’état récapitulatif des anarchistes au 31 décembre 1894.

SOURCES :
Archives de Paris D.3 U6 carton 50 — Archives de la Préfecture de police Ba 1500 — Les anarchistes contre la république de Vivien Bouhey. Annexe 56 : les anarchistes de la Seine.

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