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Bouchez louis

BOUCHEZ Louis

Né le 29 août 1875 à Paris (XXe arr.) ; sculpteur ; anarchiste parisien.

Peu après l’attentat de Vaillant, Louis Bouchez était arrêté le 6 janvier 1894, en vertu de la nouvelle loi sur les associations de malfaiteurs. Il voulut faire croire au juge d’instruction Meyer qu’il était membre d’une société secrète, ayant une caisse pour permettre l’achat de dynamite. M. Meyer ne fut pas dupe de ce mensonge de gavroche volant jouer un bon tour à la justice et rendit une ordonnance de non lieu sur l’association de malfaiteurs. Mais l’instruction fit découvrir plusieurs vols. Bouchez et Godard se revendiquèrent anarchistes devant le juge.

Le 12 janvier 1894, un rapport de la Sûreté indiquait que Louis Bouchez habitait chez ses parents, 40 avenue de Saint Ouen. Son père expliqua qu’il tenait parfois des propos anarchistes mais qu’il n’y avait pas tenu d’importance, en raison de son caractère paisible. Il ajouta que depuis 3 ou 4 mois, son fils sortait le soir et ne rentrait qu’assez tard. Il ignorait toutefois ses agissements et ses fréquentations mais le croyait incapable d’une « mauvaise action ».

Bouchez fut incarcéré dans l’attente de son procès.
Le 20 mars 1894, Bouchez, Godard, Munz et Hervy, comparaissaient devant la neuvième Chambre Au cours de l’instruction, l’un d’eux, avait avoué, avoir volé, avec la complicité de ses camarades, trois souliers de bébé et un poulet.
A l’audience, le substitut de service, revint dans son réquisitoire sur l’inculpation primitivement dirigée contre les prévenus et demanda, malgré l’ordonnance de non-lieu qui avait clos l’instruction relative au délit d’association de malfaiteurs, de tenir compte de leur « état d’âme » d’anarchistes. Le tribunal, adoptant avec docilité cette manière de voir, punissait de peines lourdes, les vols de peu d’importance reprochés aux prévenus.
Pour avoir été soupçonnés d’anarchie, ils ont condamnés, Godard à treize mois de prison, Bouchez à six mois, Munz et Hervy à huit mois chacun.
Le dossier de Louis Bouchez à la Préfecture de police portait le n°85.355.

SOURCES :
Le Petit parisien 21 mars 1894 — La Presse 21 mars 1894 — Le Journal 21 mars 1894 — Le Gaulois 21 mars 1894 — Le XIXe 22 mars 1894 — Archives de la Préfecture de police Ba 1500 — Archives Nationales F7/12508  — Note Rolf Dupuy.

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